Auréline 15 – L’éducation de Line

Le journal d’Auréline II

Cher journal,

La semaine dernière, je t’ai relaté ma première rencontre avec Maîtresse F. Nous en étions restés au point où elle réservait sa réponse, quant à savoir si elle se chargerait ou non de mon éducation. Depuis, j’ai reçu un mail.

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De: Maîtresse F.
A: Auréline

Soumise Auréline,

Ta candidature a retenu l’attention de Madame. Nous t’attendons, samedi prochain à quatorze heures. Sois ponctuelle.
Même tenue que lors de ta dernière visite : chemisier blanc, jupe noire et bas assortis. Si tu déjeunes avant de venir, prends une légère collation.
Prévois également des affaires de toilettes, tu nous consacreras tout le week-end.

Maîtresse F.
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Je pense avoir fait mon choix. Je préfère Madame. Maîtresse me rappelle trop l’école. Maîtresse, Maîtresse, j’ai mal à la tête. Je peux aller à l’infirmerie ?

Reprenons le récit à la journée de samedi. Je suis devant la porte de l’immeuble. J’ai aussi peur que lors de la première fois, sans doute parce que toute cette aventure prend un aspect très sérieux et que j’ai le sentiment d’avoir atteint un point de non-retour.

A ma grande surprise, un homme vient ouvrir. Aussitôt je baisse le regard avant de murmure :

– Bonjour Monsieur. Je suis attendue par Madame.

L’homme est grand, musclé, les épaules larges. Il porte un costume noir avec l’élégance d’un professeur de danse italien. Sous les cheveux gominés, le visage n’est pas très beau, le nez épaté, les joues tavelées de marques d’acné mal soignée mais son large menton et ses yeux vifs lui confèrent un certain charisme. Je sais déjà que, s’il le désire, je ne serai qu’un jouet pour lui.

– Suis-moi, dit-il.

Je l’accompagne jusqu’au petit salon ou Madame F. m’accueille. Je la salue. Elle porte un ensemble noir, une sorte de tenue de cavalière, pantalon, bottes et bustier. Un décolleté en V dévoile le sillon entre ses seins.

– Javier ne s’est sans doute pas présenté, dit-elle. Je vais donc le faire à sa place. Il assure les fonctions de chauffeur et d’homme à tout faire. Tu devras lui obéir en tout, sans discuter, lorsqu’il te dira de faire quelque chose, comme si je parlais à travers lui.

Elle lui fait un petit geste de la main : « Javier, vous pouvez disposer. »

Un moment de silence et de gêne. Je me balance d’un pied sur l’autre sans trop savoir quoi faire. « Déshabille-toi, qu’est-ce que tu attends ! » Soulagée qu’elle ait attendu que Javier sorte de la pièce, je retire mes affaires et les pose sur une chaise. Maîtresse F. me fait signe d’approcher. Devant moi, trône sur un coussin rouge, un collier en cuir. Très beau. Sur le devant un gros anneau métallique en forme de serpent. De nouveau l’Ouroboros, comme pour le bijou que Maître J. m’avait offert. Sur la nuque, le collier ferme avec un petit cadenas. Il y a quatre autres accessoires en cuir, basés sur le modèle du collier, pour les poignets et les chevilles. Je suppose que l’on peut assembler les deux bracelets pour en faire des menottes.

Maîtresse F. vérifie l’ajustement des bandes de cuirs. « Je les ai fait faire sur mesure, rien que pour toi ». Elle les ferme sans trop serrer. Elle s’éloigne un peu pour admirer le résultat. La satisfaction se lit sur son visage. « Dorénavant, à chaque visite, tu viendras dans cette pièce, entièrement nue. Tu attendras que Javier te sangle avec ces accessoires, ou d’autres que je choisirai selon mon envie. Ensuite, et seulement à ce moment-là, tu pourras te présenter devant moi. Tu as compris ? » Je réponds : « Oui Madame ».

– Bien. Maintenant tu vas avoir droit à une visite guidée des lieux, à commencer par le donjon.

Pieds nus sur le parquet, je marche à la suite de Maîtresse F. Le couloir me parait interminable. Je ne suis pas familière des lieux mais j’ai l’impression que l’appartement occupe un étage entier de l’immeuble. Nous arrivons dans une vaste pièce sans fenêtre. Les parois sont couvertes d’un revêtement isolant. Que ce lieu soit insonorisé ne me rassure en rien. Une grande croix en bois, en forme de X, se dresse sur le mur face à la porte.

La pièce comporte de nombreux rangements et étagères. Maîtresse F. me laisse tout le loisir de regarder, bien que je n’ose pas bouger, encore moins m’approcher. Il y a là des cravaches et des martinets, des badines et des battoirs, des pinces en métal, toute une panoplie de plugs et de godes, une ceinture sur laquelle ajuster lesdits phallus, un carcan en bois, avec des trous pour passer la tête et les poignets. Pendus à des patères, une collection de cordes de teintes et de longueurs différentes, des barres en aluminium et différentes systèmes de fixations vissés au sol. Je me dis qu’il y a là tout un attirail à vocation professionnelle. Si Madame officie auprès de riches clients masochistes, sans doute gagne-t-elle bien sa vie.

– Tu es bien songeuse, me dit-elle.
– C’est que vous êtes bien équipée, Madame…

Elle rit.

– Approche-toi du bureau.

Elle parle de la console. Un papier est posé dessus.

– En tant qu’étudiante en droit, je ne t’apprends rien en te disant que ce document n’a aucune valeur mais nous autres adeptes aimons beaucoup les rituels. Lis-le et signe.

Voici, en résumé, ce que je découvre sur le beau papier vélin couleur ivoire :

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Contrat de soumission

Le présent contrat définit les règles et obligations pour les deux parties ci-dessous décrites :

– Maîtresse F. dite « la Maîtresse »
– Aureline P. dite « la soumise »

Toutes les clauses de ce contrat concernant la Maîtresse s’appliquent également aux personnes qu’elle définira nommément comme ses délégués.

Il prend effet au jour indiqué en bas de ce document, sans date de fin. Toute modification ne saurait être effectuée sans l’accord des deux parties.

1. Obligations de la soumise

La soumise, en son âme et conscience, accepte de devenir la propriété de Maîtresse F. et de lui abandonner son libre arbitre.

La soumise s’engage à obéir à tous les ordres de sa Maîtresse quelle qu’en soit la nature. Ceci inclut l’ensemble des tâches qu’elle est en mesure d’accomplir physiquement, services sexuels inclus.

La Maîtresse pourra utiliser à sa convenance tout accessoire à destination sexuel sur la soumise.

La soumise n’est pas autorisée à porter des tenues non validées par la Maîtresse. De même la soumise devra porter tout vêtement que la Maîtresse trouvera bon de lui confier.

La soumise ne parlera qu’à l’invite de la Maîtresse ou de l’un(e) de ses délégué(e). Elle s’exprimera alors en toute sincérité, sans masquer ses envies ou ses dégoûts. Toute transgression de cette règle donnera lieu à une punition définie par la Maîtresse. L’impertinence et le manque de respect seront plus particulièrement châtiés.

La soumise ne pourra en aucun cas se plaindre des traitements et humiliations subis.

La soumise n’entretiendra de commerce charnel qu’avec les individus, hommes ou femmes, autorisés par la Maîtresse. Une stricte chasteté est requise en dehors des séances. La Maîtresse se réserve le droit d’employer des accessoires de contrainte à cette fin.

Toute relation sentimentale de la soumise avec une autre personne que la Maîtresse entraînera la résiliation du présent contrat.

2. Droits et engagements de la Maîtresse

Même si le temps libre de la soumise est consacré au bien-être de sa Maîtresse, cette dernière s’engage à laisser la soumise visiter sa famille et, loin de l’empêcher de poursuivre ses études, l’encouragera à atteindre l’excellence dans le domaine qu’elle a choisi.

La Maîtresse, ne s’adonnera à aucune pratique provoquant des dommages physiques irréversibles sur le corps de la soumise.

Toute modification corporelle devra faire l’objet d’un accord préalable entre la soumise et la Maîtresse.

Si la Maîtresse pressent une mise en danger de l’équilibre psychologique de la soumise, elle s’efforcera de ménager celle-ci.

La Maîtresse et la soumise conviendront d’un « safe word » que la soumise utilisera si son intégrité physique est menacée, en cas de douleur extrême par exemple. Si la soumise n’est pas en mesure de parler, un geste défini au préalable remplacera le « safe word ».

L’ensemble de ces règles s’appliquent également aux délégués de la Maîtresse.

Fait en deux exemplaires, datés et signés.
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Très vite, sans me laisser le temps de réagir, Maîtresse F. saisit ma main gauche et, à l’aide d’un poinçon, me pique le pouce. Elle trempe l’extrémité d’une plume dans la petite blessure. « Signe avant que l’encre ne coagule » dit-elle en me tendant la rémige ensanglantée.

Je pose mon paraphe en bas de la page.

– Auréline, c’est joli mais trop long, dit Maîtresse F. Mieux vaut un prénom d’une seule syllabe pour les servants, cela demande moins d’effort de mémoire et claque mieux quand on vous convoque. Je t’appellerai donc Line. Considère-toi comme baptisée par le sang. Pour la communion, nous verrons plus tard.

Je suce mon pouce endolori sous le regard amusé de Maîtresse F. Elle reprend :

– Nous devons définir le « safe word ». Il faut que ce soit un mot peu utilisé et assez court. Une idée ?
– Azur, Madame.
– Très bien. Sais-tu à quoi fait référence le terme « débourrage » ?
– Oui Madame, il est relatif à l’élevage des chevaux.
– Dans ce cas tu n’auras pas de mal à filer la métaphore avec moi. Disons que tu es une jeune jument que nous allons habituer à supporter le licol et la selle et, pour finir, la monte.

Je frissonne à l’écoute de cette phrase qui implique pour moi une forme de menace sourde. Je crois pouvoir accepter d’être attachée, fouettée peut-être, mais je ne sais pas comment je réagirai si je dois m’exhiber ou que Maîtresse F. fouille à nouveau mon intimité, d’autant plus que ce qu’elle laisse entendre va beaucoup plus loin. Je m’imagine, les yeux bandés, touchée, pénétrée par des mains et des sexes inconnus. J’éprouve un mélange étonnant de désir, d’appréhension et de répugnance.

– Il existe deux méthodes pour débourrer les chevaux, reprend Maîtresse F. La première consiste à monter l’animal sans aucune préparation et le forcer à supporter la présence du cavalier sur le dos et la seconde, plus progressive, nécessite d’habituer le cheval au contact d’accessoires diverses, comme la brosse par exemple, pour l’amener à accepter la selle et la bride dans un premier temps. Pour ma part j’emprunte une voie médiane, comme tu vas pouvoir le constater. Je m’adapte à la pouliche. Tu m’as déjà montré ton obéissance. Nous pouvons donc passer à l’étape suivante sans hésiter. Pour commencer, nous allons te montrer l’utilité des bracelets. Tu vas devoir passer une épreuve et il sera plus facile pour toi d’être immobilisée pour l’endurer.

Maîtresse F. m’indique une certaine position que je dois prendre, debout, les bras joints devant moi, les reins creusés. Elle accroche mes poignets à l’anneau dans le mur. Elle me dit d’écarter les jambes et place une barre en métal fixée aux chevilles pour les maintenir écartées.

– Regarde, voici le premier accessoire auquel ton corps va devoir s’habituer.

Elle vient de saisir une longue cravache noire dont elle agite l’extrémité juste sous mon nez. D’instinct, je recule et les entraves me font perdre l’équilibre, déclenchant des sensations douloureuses aux poignets et aux chevilles. A peine ai-je le temps de me reprendre que Maîtresse F. presse la cravache sur ma gorge agitée par l’angoisse. Elle descend, effleure la pointe de mon sein gauche avec la claquette. La sensation n’est pas désagréable, le téton se dresse sous la caresse. Mes dents mordent mes lèvres. Etrange de noter qu’un instrument de punition me procure du plaisir. La cravache explore mon ventre en cercles concentriques. Jusqu’où va-t-elle aller ? Non, elle évite le pubis. Elle passe de l’autre côté, sur la nuque, longe la colonne vertébrale et finit par suivre l’arrondi des fesses. Je ne tremble plus, je suis sage et immobile.

– Passons à l’ustensile suivant.

Maîtresse F. me montre une longue baguette en bois. « C’est une badine en rotin, dit-elle. A la fois très souple et résistante. » Elle fait quelques mouvements dans les airs et la badine siffle lugubrement. « Je ne veux surtout pas que tu penses m’avoir déplu et que ce qui va suivre résulte d’une attitude inacceptable. Ton comportement, cependant, n’est pas exempt de défaut. Tu n’aurais pas dû reculer à l’approche de la cravache. Je dois te corriger pour cela. Il faut également que, quand je te menacerai d’une punition, tu saches à quoi t’attendre. Je vais te donner dix coups. Ni trop forts, ni trop faibles. Tu vas devoir compter, sans trembler, à chaque fois que la baguette touche ta peau. Si tu t’arrêtes de compter, si tu bouges ou si tu te trompes, je recommence depuis le début. »

A peine a-t-elle fini sa phrase que la baguette siffle à nouveau mais, cette fois, elle claque sur mes fesses. Je crie. « Un coup d’essai. Il ne compte pas, tu n’étais pas prête ». Elle frappe à nouveau. Je dis « une ». Deux. Trois. Entre chaque coup, elle me laisse le temps d’apprécier la brûlure qui suit le choc initial. Six. Sept. La badine revient sur des zones qu’elle a déjà touchées, intensifiant la douleur. Neuf. Dix.

Mes fesses sont en feu. Des larmes coulent sur mes joues. Madame F. fait glisser la baguette entre mes cuisses. Elle remonte jusqu’à toucher mon sexe, écartant les grandes lèvres, provoquant un frisson de plaisir. Quand elle me montre l’extrémité de la badine, je constate que le bois est mouillé. « Tu n’étais pas censée apprécier ! »

Je balbutie :

– Je vous demande pardon Madame.
– Nettoie !

Je tire la langue et lèche la baguette. C’est tout à fait dégoutant mais je ne peux pas résister. Madame fait de moi ce qu’elle veut.

Soudain, elle s’arrête et actionne un interrupteur. Quelques instants plus tard, j’entends la porte s’ouvrir. Je tourne la tête le plus possible pour identifier qui vient d’entrer dans la pièce. Ce que je craignais est arrivé. Javier se tient à deux mètres à peine. Il observe mon corps nu, mes fesses rouges. Comme j’ai honte !

– Approche, dit Maîtresse F. à l’homme. Notre petite jument doit apprendre à supporter ta présence et ton contact. Elle a peur mais elle ne peut pas s’échapper et qui sait, peut-être appréciera-t-elle ce qui va suivre ? Allez touche-la, je te connais, tu en as envie.

Maîtresse F. a parlé comme si je n’étais qu’un simple animal de compagnie. Après tout, c’est écrit dans le contrat, je suis son esclave.

La main de Javier se pose sur mon dos. Elle est presque douce, il fait preuve d’une délicatesse que je n’avais pas anticipée. Il me caresse et cet acte parait délicieux après le feu de la baguette. Je suis incapable de retenir un gémissement quand il se colle contre moi. Je sens son sexe dur, à travers l’étoffe du pantalon, cogner contre ma cuisse. Ses mains en coupe enserrent mes seins, ses doigts touchent mon ventre, viens, oui, plus bas, je t’en supplie, entre en moi, fais-moi jouir.

Non. Maîtresse F. l’arrête. Elle me détache.

– Prends le repose-pied là.

Elle me désigne une petite banquette basse de style Louis XV couverte d’un tissu de velours rouge.

– Mets-toi à genoux. La queue de Javier est le troisième et dernier instrument que tu connaitras aujourd’hui. Je veux que tu frottes son gland sur ta peau, que tu en apprécies la texture. Vous allez devoir vous accoutumer l’un à l’autre. Commence par dégrafer sa braguette.

Mes mains s’agitent maladroitement. Maîtresse F. continue :

– Défais le bouton et la ceinture.

Le slip de Javier est tendu d’une grosse bosse. Je peine encore à estimer les dimensions de la chose mais je crois qu’il s’agit là du plus gros sexe masculin que j’ai jamais vu, un minimum de vingt centimètres, sans compter la circonférence proportionnelle à la taille… Aussitôt jaillit une remarque aussi idiote que pragmatique : cela ne rentrera jamais.

– Baisse le slip.

Voilà. La verge de Javier est devant moi. Je ne peux pas dire qu’elle soit belle mais elle n’est pas vraiment laide non plus. Elle est rose, lisse et imposante. Le gland est bien visible.

– Touche-le.

Dans un état second, je vois ma main droite se poser sur le pénis de cet homme que je ne connaissais pas il y a deux heures encore.

– Soupèse-lui les couilles.

Je fais ce qu’elle me dit. Les testicules aussi sont énormes. La peau est très fine, j’ai un peu peur de lui faire mal avec mes ongles.

– Promène la verge sur ta gorge, tes seins, je veux voir le gland toucher la pointe, oui ainsi, c’est bien. Ton corps ne t’appartient plus. Tous les hommes que je te présenterai auront le loisir de te toucher, que ce soit de leurs mains ou de leur sexe. Aucun centimètre de ton corps ne sera épargné. Considère-toi comme une fille publique à compter d’aujourd’hui, Line. Maintenant, j’attends de voir comment tu donnes du plaisir à un homme avec ta bouche. Commence par tirer la langue, je veux que tu lèches les couilles de Javier pendant que tu le branles. Non, ne va pas si vite. Masturbe-le doucement, décalotte bien le gland. Humidifie-le pénis de ta salive, je veux que tu craches, petite Line. Lèche le méat. Ouvre la bouche, prends le bout tout en continuant d’agiter la main, ces messieurs adorent cette manière de procéder. Je constate que tu n’en es pas à ton coup d’essai ! Tu donnes assez de cœur à l’ouvrage pour que j’aie envie de te récompenser. Nous verrons cela demain. Saisis les hanches de Javier de tes deux mains, rapproche tes lèvres du pubis, enfonce sa grosse queue le plus loin possible dans ta gorge, suce-le, oui, suce-le de plus en plus vite !

Javier se manifeste d’un raclement de gorge. Maîtresse F. l’interroge du regard.

– Permission de jouir, Madame, demande-t-il, je n’y tiens plus.

Le visage de Maîtresse F . se tord d’une moue dédaigneuse, comme si la demande de Javier constituait un accident malencontreux que l’on accepte parce que, au final, on le considère aussi inéluctable qu’anodin.

– Faites Javier, faites.

Je crois que j’étais un peu saoule, ivre de sexe, déboussolée, leurs paroles me ramènent brutalement à la réalité. Jamais encore un homme n’a éjaculé dans ma bouche. Je pensais réserver cette pratique à l’élu, celui qui aurait su faire chavirer mon cœur. Et, là, sous le joug de Maîtresse F. me voici rabaissée au statut de vulgaire catin, un simple réceptacle du plaisir viril d’un homme que je ne m’aime pas. Il n’est plus temps de reculer, au moindre impair je suis assurée de recevoir une correction gratinée et mes fesses se souviennent encore de la précédente rouste, alors j’accepte cette humiliation.

Javier grogne avant d’envoyer une première giclée qui glisse dans ma gorge aussitôt.

Son sperme est très abondant, impossible de tout avaler. Je recrache, j’en reçois sur le menton et les seins. Madame F. n’est pas contente, elle m’oblige à ramasser le liquide poisseux avec les doigts. « Lèche-les maintenant, je ne veux plus voir de traces et tu nettoieras aussi la queue de Javier avec ta langue ». Le goût est un peu amer, pas très agréable. Il n’a rien du délicieux nectar dont paraissent se délecter les actrices pornos.

– Assez, vous pouvez disposer dit Maîtresse F. Javier amenez notre jeune esclave au cabinet de toilette qu’elle se rafraichisse puis expliquez-lui les tâches qui lui sont dévolues. Montrez-lui sa « chambre » également.

J’identifie le sourire qui accompagne cette dernière phrase à une menace, attisant, s’il en était encore besoin, l’inquiétude sourde qui me tourmente. Décidément, ce week-end promet son lot d’avanies.

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