Consolation

Comme toujours au réveil, le monde a un goût étrange, comme si la vraie vie ne s’incarnait que dans les paysages du rêve. Je ne reconnais ni la chambre, ni les draps de soie. Et ce petit animal blotti contre moi ? C’est toi. Je sais qu’hier soir, nous nous sommes couchés côtes à côtes abrutis de fatigue et d’alcool. Tu pleurais à cause de lui, l’autre, et ta souffrance me déchirait le cœur.

Tu dois déjà me regarder depuis un moment, appuyée sur mon épaule. Je ne dis rien. Doucement, presque avec désinvolture, tu traces de tes doigts graciles des volutes sur ma poitrine. Je me souviens de la nuit, ton terrible chagrin et mon érection, pénible et honteuse. Et ma main dans la tienne, rien de plus.

Je prends conscience de ta jambe qui chevauche ma cuisse. Même si le tissu nous sépare, tes formes épousent les creux de mon corps, développant une sensualité que j’ignorais jusqu’à ce matin. Lentement, comme si l’élastique du temps se tendait à l’infini, nos lèvres se rapprochent. Avant même le contact, une sensation exceptionnel, un choc électrique, préfigurent ton baiser. Tu déposes par petites touches des marques d’affection sur mon menton et mes joues. Tu prends plaisir à faire durer l’attente. Enfin, tu t’ouvres. Pour la première fois, bouche contre bouche, nos salives et nos langues se mêlent. Le sang afflue dans mon bas-ventre, ma verge se tend, ivre de vengeance, prête à effacer notre absurde chasteté nocturne. En un instant tu es sur moi. Tes mains enroulent mon tee-shirt, dévoilant mon buste. Tu presses tes lèvres contre l’un de mes mamelons, le mordille, le suçote avec appétit. Je ne sais par quel miracle tu as su de suite que j’adorais ça. Ta langue me rend fou, elle danse sur ma poitrine comme un papillon sur une fleur.

D’un geste, tu jettes le drap au pied du lit. Tes vêtements suivent, vite. Nous entrons dans le vif du sujet. Tu pivotes, une de tes jambes passe au-dessus de ma tête et nous nous retrouvons tête-bêche. Mon caleçon est replié sur mes genoux, ta bouche chaude et douce engloutit mon sexe et je vois ta vulve humide au plus près. Spectacle sublime, fleur ouverte et gonflée aux pétales que j’écarte pour mieux te sonder. Je la goûte, je la lape, je la touche et finis par t’arracher un lourd gémissement. Ta main va et vient sur ma verge pendant que tes lèvres enserrent mon gland. Tu suces comme j’aime. Ma langue chemine de ton clitoris à ta fente. Nous jouons le risque de tout arrêter maintenant, que notre trop plein de désir nous propulse vers la jouissance. Tu l’as senti, tu me serres plus fort, interrompant l’apothéose. Nous nous détachons brièvement l’un de l’autre.

Dans le tiroir de la table de chevet tu déniches une capote. Avec des gestes précis, tu appliques le capuchon sur ma queue raide. Tu me chevauches et, d’un coup, je suis en toi. Nous restons figés, étonnés d’avoir atteint ce point de non retour. Ta chatte est parfaite, à la fois accueillante et étroite. Peu à peu, tu te mets en mouvement, sur un rythme lent. Tu gagnes des centimètres de plaisir. Ma volonté se mobilise ailleurs, je ne bouge pas, pour éviter de jouir avant toi, de gâcher notre accord sensuel. Alors je me sens l’âme exploratrice, je caresse tes fesses et tes seins, je m’égare sur tes cuisses, ton dos et tes aisselles. Ton corps s’agite, frémit de plus en plus vite. Nous vibrons sur la même fréquence. A chaque percussion de ton bassin, ma verge heurte une merveilleuse impasse et t’arrache un cri. A la fin, tu fonds sur moi comme un faucon sur sa proie et nos deux bouches collées étouffent un râle de jouissance simultané.

Tu me gardes longtemps en toi. Ton vagin se contracte à plusieurs reprises, sensation délicieuse.

Impossible de détacher nos regards. Tu me mets au défit de continuer.

Je sens déjà le désir revenir. La journée promet d’être longue.