Zwitter

Tu veux me présenter une amie, m’as-tu dit. Aussi viendras-tu ce soir accompagnée, sans plus de précision. Avachi dans le salon sur mon valétudinaire canapé aux ressorts exténués, je laisse libre court à mon humeur et mon imagination vagabonde, tour à tour invoquant sur la scène de mes rêveries une blonde diaphane, si fragile qu’au toucher elle se brise, une collègue quadragénaire, prédatrice en tailleur court, une bonne copine que tu n’avais pas revu depuis des années, victime d’un léger surpoids, qui, escomptes-tu, saura te mettre en valeur par la comparaison ou encore ton amie d’enfance, ta presque sœur, avec qui l’évocation de vos premiers émois lesbiens réciproques déclenche une irrépressible et affolante montée de rouge aux joues. Au moment où j’envisage d’entamer en solitaire cette soirée avec l’aide d’un sympathique petit vin cuit, une agitation, des rires à la porte d’entrée annoncent votre arrivée. Te voici accompagnée d’une grande et belle brune d’allure latine, cheveux longs bouclés, jupe courte et chemisier blanc. Tu effleures mes lèvres d’un baiser distrait avant de me présenter à cette Michèle au parfum enivrant et indéfinissable. Sans même l’amorce d’une joute, je capitule au jeu de la séduction. Le temps de se claquer une bise et d’échanger quelques banalités, vous voici toutes deux assises. Pour ma part, je m’évertue à vous satisfaire en énonçant la liste des alcools disponibles. Michèle porte son choix sur un mojito. Nous optons pour notre sempiternel Manhattan, autre boisson traîtresse s’il en est. Vous badinez pendant que j’empile les feuilles de menthe et les glaçons. Nous goûtons nos boissons à petites gorgées. Décidément, la soirée se présente très bien mais il se trouve que dans mon trouble et mon impatience à tous nous enivrer, je néglige les plus élémentaires devoirs de maître de céans en omettant d’ajouter une touche solide à notre apéritif. Confus, je m’esquive dans la cuisine, histoire de récolter quelques biscuits salés.

A mon retour je vous trouve enlacées sur le canapé, bouche contre bouche, dans l’amorce d’un gamahuchage que j’approuve sans réserve. Après tout, les petits fours attendront, si vous me laissez jouer un rôle dans la pièce qui s’amorce. Michèle, loin de se montrer rétive à mon intervention, se détourne de toi pour m’offrir un premier baiser, doux et chaud à la fois. Tu te glisses derrière elle pour déboutonner la chemise, dévoiler les épaules dorées et la gorge aimable de notre nouvelle compagne en libertinage. Ce que j’avais pris au premier abord pour un soutien-gorge noir se révèle une guêpière à dentelle corsetant des courbes judicieusement ordonnées. Michèle renchérit en dégrafant sa jupe qu’elle laisse négligemment tomber à ses pieds. Entre les bas noirs tendus de jarretelles et le slip s’expose la chair tendre des cuisses. Cette vision fait mon plus grand délice. Collé contre son dos, je ne vois que tes mains qui s’affairent sur les seins de la coquine dont les soupirs impatients exaltent un peu plus mon émoi. Elle m’entoure de ses bras graciles, se presse contre moi. Ma roideur devient douloureuse et elle a bien compris la nécessité d’une action urgente. La voici à genoux m’offrant sa bouche accueillante. Une véritable merveille, sans me connaître elle sait déjà presqu’aussi bien que toi me faire plaisir. Tu la rejoins et toutes deux vous relayant vous vous ingéniez à alimenter un peu plus mon désir. Mais on ne dira pas de moi que je suis un homme égoïste. A cette caresse buccale, je me dois de proposer la réciproque. Aussi, une fois la belle assise sur le canapé, me penche-je sur ses seins découverts. Je suce tour à tour ces fruits délicats. De ton côté, tu n’es pas en reste, distribuant force caresses et baisers. Mais il me faut viser plus bas.

M’apprêtant par habitude à trouver céans ce que la nature nous offre de concavité rassurante, je sursaute à la vue d’appâts beaucoup plus virils que prévus. Une superbe verge cachée là, opprimée par l’étroitesse du slip et qui bondit fièrement hors de sa prison, déjà à moitié érigée. Divine surprise que tu me fais ainsi, de m’offrir un autre ange, bien bisexué, lui. J’ose à peine toucher la chose tant elle me parait incongrue. Allons, Michèle si féminine, aux seins d’aspect si naturel, sans adjuvants plastiques, à la taille étroite, aux fesses voluptueuses et aux jambes si fines… Tu m’as bien berné. Mais sans plus attendre, je dois observer de plus près l’organe incongru. Je m’agenouille à ses pieds. Epilé, beaucoup plus lisse qu’un sexe de femme – tout en plis et replis, lui – tant dans l’aérodynamisme tubulaire, que vient à peine perturber une veine palpitante, que dans la rotondité féconde de besaces que je devine lourdes. Je me décide à toucher la bête qui s’avère plus douce que je ne le craignais au premier abord. Personne ne proteste, je m’enhardis, glissant la main entre le slip et la peau. Je palpe une tension comparable à la mienne que mes lèvres tentent d’apaiser. Toi aussi, tu veux goûter cette chair affolante et, dans le ballet de nos visages, nous échangeons des baisers.

Michèle debout me tourne le dos. Après application d’un onguent et d’une protection adéquate, je franchis voluptueusement le portail de ses reins. Elle est étroite et me tient puissamment, comme dans un étau. Ainsi je la possède mais elle me possède également en m’enserrant ainsi. Tu es bientôt lasse des baisers et, les jambes en compas, le sexe offert dévoilant toute la roseur des chairs humides, tu réclames en termes crus une pénétration exemplaire. Dans l’état actuel, je ne peux te contenter que par procuration et ce n’est pas sans difficulté que nous manœuvrons jusqu’à ce que le piquet tendu de notre partenaire de débauche te procure cet empalement désiré. Avec la plus grande lenteur et les plus grandes précautions nous nous animons tous trois en cadence. Toute cette luxure t’embrase et par un cri tu nous assures de ta jouissance. Loin de t’apaiser, ce premier orgasme stimule ton imagination. Tu exiges que je te lèche, à quatre pattes, et que Michèle profite de ma croupe ainsi offerte. Rien n’est plus facile que la première phase que j’exécute aussitôt. J’appréhende un peu plus le reste des opérations mais Michèle me rassure par des caresses idoines. L’idée de recevoir un sexe qui vient de te faire jouir, encore luisant de ta mouille, m’excite au plus au point. Je sens le froid du gel entre mes fesses puis l’affectueuse pénétration. Une fois le petit désagrément de la barrière musculaire franchie, une trouble sensation me saisit et nous trouvons de nouveau tous les trois les voies de notre plaisir. Tu nous interdis cependant de jouir. Qu’importe, tu sais très bien que rien ne me plaît plus que de ma langue dessiner les courbes de ta vulve et Michèle ne blâme pas, et de loin, l’étroitesse de cette voie peu pratiquée.

Mais ton petit scénario, je m’en doutais ne s’arrête pas en si bon chemin et tu as prévu un troisième cas de figure qui devrait doublement te contenter. Michèle et moi déchaussons nos capuchons de plastique pour en enfiler des neufs. Je m’allonge sur le canapé et tu me chevauches. Ton sexe dégoulinant enserre le miens. Pendant un instant, je me dis que nous avons tous trois perdu la raison. Plus rien n’existe que notre désir et plus rien ne peut l’arrêter. Tu pousses un cri quand la verge de Michèle vient rejoindre la mienne, perforant ton vagin, élargissant le creuset de ton plaisir comme jamais. Tu nous baises alors avec une rage incontrôlée, sans limite, jusqu’à ce que tous les trois nous retombions inertes, comblés par la jouissance, pauvres pantins de notre libido infernale.

Janus

Consolation

Comme toujours au réveil, le monde a un goût étrange, comme si la vraie vie ne s’incarnait que dans les paysages du rêve. Je ne reconnais ni la chambre, ni les draps de soie. Et ce petit animal blotti contre moi ? C’est toi. Je sais qu’hier soir, nous nous sommes couchés côtes à côtes abrutis de fatigue et d’alcool. Tu pleurais à cause de lui, l’autre, et ta souffrance me déchirait le cœur.

Tu dois déjà me regarder depuis un moment, appuyée sur mon épaule. Je ne dis rien. Doucement, presque avec désinvolture, tu traces de tes doigts graciles des volutes sur ma poitrine. Je me souviens de la nuit, ton terrible chagrin et mon érection, pénible et honteuse. Et ma main dans la tienne, rien de plus.

Je prends conscience de ta jambe qui chevauche ma cuisse. Même si le tissu nous sépare, tes formes épousent les creux de mon corps, développant une sensualité que j’ignorais jusqu’à ce matin. Lentement, comme si l’élastique du temps se tendait à l’infini, nos lèvres se rapprochent. Avant même le contact, une sensation exceptionnel, un choc électrique préfigure ton baiser. Tu déposes par petites touches des marques d’affection sur mon menton et mes joues. Tu prends plaisir à faire durer l’attente. Enfin, tu t’ouvres, pour la première fois, bouche contre bouche, nos salives et nos langues se mêlent. Le sang afflue dans mon bas-ventre, ma verge se tend, ivre de vengeance, prête à effacer notre absurde chasteté nocturne. En un instant tu es sur moi. Tes mains enroulent mon tee-shirt, dévoilant mon buste. Tu presses tes lèvres contre l’un de mes mamelons, le mordille, le suçote avec appétit. Je ne sais par quel miracle tu as su de suite que j’adorais ça. Ta langue me rend fou, elle danse sur ma poitrine comme un papillon sur une fleur.

D’un geste vif, tu jettes le drap au pied du lit. Tes vêtements suivent, vite. Nous entrons dans le vif du sujet. Tu pivotes, une de tes jambes passent au-dessus de ma tête et nous nous retrouvons tête-bêche. Mon caleçon est replié sur mes genoux, ta bouche chaude et douce engloutit mon sexe et je vois ta vulve humide au plus près. Spectacle sublime, fleur ouverte et gonflée aux pétales que j’écarte pour mieux te sonder. Je la goûte, je la lape, je la touche et finis par t’arracher un lourd gémissement. Ta main va et vient sur ma verge pendant que tes lèvres enserrent mon gland. Tu suces comme j’aime. Ma langue chemine de ton clitoris à ta fente. Nous jouons le risque de tout arrêter maintenant, que notre trop plein de désir nous propulse vers la jouissance. Tu l’as senti, tu me sers plus fort, interrompant l’apothéose. Nous nous détachons brièvement l’un de l’autre.

Dans le tiroir de la table de chevet tu déniches une capote. Avec des gestes précis, tu appliques le capuchon sur ma queue raide. Tu me chevauches et, d’un coup, je suis en toi. Nous restons figés, étonnés d’avoir atteint ce point de non retour. Ta chatte est parfaite, à la fois accueillante et étroite. Peu à peu, tu te mets en mouvement, sur un rythme lent. Tu gagnes des centimètres de plaisir. Ma volonté se mobilise ailleurs, je ne bouge pas, pour éviter de jouir avant toi, de gâcher notre accord sensuel. Alors je me sens l’âme exploratrice, je caresse tes fesses et tes seins, je m’égare sur tes cuisses, ton dos et tes aisselles. Ton corps s’agite, frémit de plus en plus vite. Nous vibrons sur la même fréquence. A chaque percussion de ton bassin, ma verge heurte une merveilleuse impasse et t’arrache un cri. A la fin, tu fonds sur moi comme un faucon sur sa proie et nos deux bouches collées étouffent un râle de jouissance simultané.

Tu me gardes longtemps en toi. Ton vagin se contracte à plusieurs reprises, sensation délicieuse.

Impossible de détacher nos regards. Tu me mets au défit de continuer.

Je sens déjà le désir revenir. La journée promet d’être longue.

L’annonce

Je te dédie ce texte, ma lectrice avertie.

C’est dans ce café où nous ne devions prendre qu’un simple verre que tu me l’annonces tout bas en rougissant comme une étudiante. Trop bas, je ne t’entends pas. Je me penche, mon oreille près de toucher ta lèvre et tu le dis à nouveau : « J’ai envie de toi, maintenant, tout de suite, à en crever ». Et ma bouche contre ta bouche vient confirmer ce feu. Tu vas me rendre dingue à exprimer aussi ouvertement ton désir, ton envie de moi. Pressés l’un contre l’autre, l’urgence me saisit à la gorge, hors de question d’aller chez moi ou à l’hôtel, tout de suite nous devons passer à l’acte. Ta langue dessine des arabesques de concert avec la mienne. Ma main s’attarde dans tes cheveux, de peur de s’égarer sur tes seins et que le garçon de café nous jette un pichet d’eau, comme à deux chiens en rut ou qu’il appelle les flics parce que je t’ai jeté sur la petite table en marbre, les cuisses écartées…

« Je file aux toilettes » me dis-tu. Le temps de compter jusqu’à cinq, je te suis. Sans réfléchir, je passe la porte des femmes. Les gogues sont propres, bonne odeur de Javel. Carreaux de faïence noire, classique. Dans un flash, j’aperçois ma tête de fou dans la glace. De nouveau contre toi dans la petite pièce exiguë, je bascule le loquet dans mon dos. Tu relèves ton chemisier. Tes seins adorables, je veux les pincer, les pétrir, mordre, sucer, lécher, tes tétons qu’ils soient rouges et irrités que demain tu te remémores la violence que je leur ai fait. Pendant que je presse mon visage sur ta gorge tu ne cesses de répéter mon prénom. Il me faut sentir l’humidité de ton désir de mes doigts. Tu as déjà retiré ton slip. Ta chatte accessible se soumet à ma main, dans ces replis de chair que je fouille, s’épanouit une étouffante moiteur. Un gémissement rageur perle de tes lèvres. Tu sais précisément ce que je veux maintenant. Toucher ne me suffit pas, je veux voir aussi. Tu te retournes, les mains appuyées sur le réservoir. Je remonte ta jupe, dévoilant ton cul. Le spectacle de tes lèvres d’en bas, gonflées de sang, avec cette petite bille de mouille attirée par la gravité, me comble de joie. J’évalue l’élasticité de ce réceptacle où ma queue va bientôt s’enfoncer. Mon index ne rencontre pas la moindre résistance. A genoux, j’écarte tes rotondités mafflues. Là, je presse ma langue contre ton orifice le plus étroit. Mes doigts changent d’objectif. Après quelques tâtonnements, ils viennent chatouiller ton clitoris. Voila qui t’excite, te pousse au bord de la jouissance. Il te faut attendre encore un peu.

Je me relève. Mon pantalon tombe sur mes genoux. Ma bitte jaillit de mon caleçon et, sans plus attendre, je t’enfile. Quel plaisir délicieux d’aller me perdre dans ta chatte qui me moule si agréablement. Mes mains sur tes hanches, nous nous emboîtons dans un accord anatomique huilé. Tu me dis que tu veux jouir en me regardant dans les yeux. Je me retire, tu te retournes. A pleines mains je saisis tes fesses pour te soulever et t’amener contre moi. Mon sexe est de nouveau au chaud, dans le tiens, et je te prends contre la porte. Dans cette position, mon gland vient cogner encore et encore au plus profond de ta matrice jusqu’à ce qu’un spasme te déchire. Tu baises alors de nouveau ma bouche dans un fervent transport. Je suis sur le point d’exploser mais tu ne veux pas que ton vagin soit le réceptacle de ma semence. Aujourd’hui ton goût est ailleurs. A genoux, tu rends hommage à ma verge. Sous les petits coups de ta langue, mon gland vibre de frissons électriques. Et quand tu prends en entier ma queue dans ta bouche, je cesse de résister et décharge comme un perdu. Consciencieusement, tu consommes le fruit de mon orgasme. Vaseux, la tête qui tourne, il me faut quelques instants pour reprendre mes esprits. Un peu honteux, nous traversons le café. Le temps de régler l’addition et nous partons en coup de vent. L’envie ne nous a pas quittés.